Paradise lost

1996. Dans une petite bourgade paisible de l’Arkansas, un triple meurtre a été commis, les corps sans vie de trois jeunes garçons de huit ans ont été retrouvés mutilés, battus à mort. Tout de suite, la police pense à un rite satanique (alors qu’aucune preuve tangible ne le prouve). Trois adolescents aux mœurs peu ordinaires sont accusés. En effet tout est contre eux, et surtout contre Damien. Ce dernier est toujours vêtu de noir, écoute le groupe de hard-rock Metallica et, cerise sur le gâteau, il s’intéresse à l’occultisme. Il a tous les attributs pour tenir le rôle du méchant de service.
Après un interrogatoire de plus de trois heures (dont seulement trois quarts d’heure seront enregistrés par la police), un des trois jeunes suspects (avec un Q.I de 72) avoue avoir donné un coup de main et accuse ses deux amis d’avoir commis ce crime sordide.

Sont-ils réellement coupables ou bien sont-ils victimes de circonstances dans cette chasse aux sorcières ? La police ne va-t-elle pas vite en besogne pour trouver des prétendus coupables dans le seul but de faire taire les rumeurs d’incompétence qui pèsent sur eux suite à la disparition de plusieurs preuves importantes ?
Les deux réalisateurs de ce documentaire, Joe Berlinger et Bruce Sinofsky, vont suivre l’affaire de près à travers l’interview des parents des victimes, des accusés et de leur famille.
Ils sont aussi autorisés à filmer les audiences du procès jusqu’au verdict final. C’est là que se termine la première partie du documentaire.
Suite à la diffusion de ce documentaire sur la chaîne de télévision américaine HBO, un groupe de soutien vient au secours des trois suspects de West Memphis. Là commence la deuxième partie du documentaire tournée quatre ans après le premier volet. Mais cette fois-ci, l’équipe du tournage est persona non grata au sein du tribunal (certainement à cause de l’impact qu’a eu le premier film sur l’opinion publique).
Mais les faits majeurs ne vont pas se passer dans le tribunal mais en dehors où l’on assiste à un revirement de situation. En effet, le beau-père d’une des jeunes victimes est soupçonné à son tour d’avoir commis l’acte barbare, vu son comportement et ses mœurs plus que suspectes (schizophrène, kleptomane, mythomane et peut-être l’auteur de l’assassinat de sa femme). Quant à l ’avocat (bénévole) de la défense, il fait appel à un spécialiste du profilage de meurtrier qui lui va trouver des preuves qui pourraient innocenter les présumés coupables (ce dont la police locale fut incapable).

Ce document percutant ne laisse pas de marbre.
Il nous montre le fonctionnement et surtout le dysfonctionnement de la justice et la violation flagrante de l’article 11 des droits de l’homme (« Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. »).
Il nous démontre que les a priori et les jugements à l’emporte-pièce vont bon train dans une population vindicative qui aura vite fait de trouver son mouton noir et de le mettre sur le ban des accusés sans autre forme de procès que la suspicion.
Après ce film, Joe Berlinger tournera le documentaire Metallica, Some Kind of Monster  (toujours en collaboration avec Bruce Sinofsky) puis le film Blair Witch-2 : le livre des ombres .

PARADISE LOST – THE CHILD MURDERS AT ROBIN HOOD HILLS – DVD ­ PARADISE LOST 2 – REVELATIONS – DVD –
VO AN st.FR. Durée :280′.
WARP, 1996-2000.

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