Séries Gores

Hollywood vient de perdre une de ces plus belles plumes noires.  Joe Gores est décédé à l’age de 79 ans.

Cet ancien détective reconverti en écrivain fut  maintes fois récompenser pour ces ouvrages dans la plus grande tradition du film noir.

Son livre Spade & Archer est une préquelle hommage au Faucon Maltais

Il fut aussi un scénariste pour diverses séries télé (Kojak, Magnum, Remington steel,…)

Son livre  Hammet fut adapté au cinéma par Wim Wenders en petite partie.

Suite à une incompatibilité d’humeur entre le réalisateur et Coppola, producteur du film, Wenders claqua la porte des studios Zoetrope.

Coppola retourna en grande partie le film mais laissa le nom de Wenders au générique.

 

 

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Ascenseur pour l’échafaud

Louis MALLE : « Ascenseur pour l’échafaud »

(France, 1957)

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Premier long-métrage de fiction de Louis Malle en qualité de réalisateur, Ascenseur pour l’échafaud restera sans doute l’une de ses œuvres les plus marquantes. Si le film est indissociable de la musique composée pour l’occasion par Miles Davis, ce n’est là qu’une des composantes de son succès.

S’inspirant très largement du film noir américain, le réalisateur dépasse clairement les limites inhérentes au genre et profite de cette première occasion pour se livrer à un réel exercice de style. Même s’il ne s’est jamais revendiqué cinéaste de la Nouvelle Vague, son long-métrage est sans doute l’un de ceux qui ont initié le mouvement ; en effet, les ingrédients qui feront son succès (tournage en extérieur, caméra portée…) sont ici bien présents. Très loin du polar français classique, cette fiction s’installe comme une lente et froide abstraction sur les thèmes de l’égarement et de la solitude que les choix esthétiques du réalisateur illustrent parfaitement.

Louis Malle met en parallèle deux couples d’amants dont l’un ne se trouvera réuni que le temps d’un cliché. La fatalité semble être le seul dénominateur commun entre tous ces personnages qui tentent d’échapper à leur destin ou à leur solitude. En vain !

Les compositions picturales d’Henri Decae s’affichent comme le pendant visuel des contrastes évidents à cette dualité qui traverse le film ; celle entre les deux couples d’amants, l’un uni dans l’infortune, l’autre voué à ne jamais se croiser, celle entre Julien et Florence, le premier passant la majeure partie du film coincé dans la pénombre d’un ascenseur pendant que son amante déambule dans un Paris baigné d’une lumière aveuglante.

Ascenseur pour l’échafaud se définit comme la somme de différentes composantes poussées à la limite de la perfection ; de la musique lancinante de Miles Davis à la qualité de la photographie en passant par l’adaptation scénaristique – de Noël Calef, auteur du roman – sans oublier les acteurs au sommet de leur talent, chaque élément s’accorde pour donner au film cette atmosphère à la fois glacée et sensuelle qui a fait son succès.

Michaël Avenia

Premier long-métrage de fiction de Louis Malle en qualité de réalisateur, Ascenseur pour l’échafaud restera sans doute l’une de ses œuvres les plus marquantes. Si le film est indissociable de la musique composée pour l’occasion par Miles Davis, ce n’est là qu’une des composantes de son succès.

S’inspirant très largement du film noir américain, le réalisateur dépasse clairement les limites inhérentes au genre et profite de cette première occasion pour se livrer à un réel exercice de style. Même s’il ne s’est jamais revendiqué cinéaste de la Nouvelle Vague, son long-métrage est sans doute l’un de ceux qui ont initié le mouvement ; en effet, les ingrédients qui feront son succès (tournage en extérieur, caméra portée…) sont ici bien présents. Très loin du polar français classique, cette fiction s’installe comme une lente et froide abstraction sur les thèmes de l’égarement et de la solitude que les choix esthétiques du réalisateur illustrent parfaitement.

Louis Malle met en parallèle deux couples d’amants dont l’un ne se trouvera réuni que le temps d’un cliché. La fatalité semble être le seul dénominateur commun entre tous ces personnages qui tentent d’échapper à leur destin ou à leur solitude. En vain !

Les compositions picturales d’Henri Decae s’affichent comme le pendant visuel des contrastes évidents à cette dualité qui traverse le film ; celle entre les deux couples d’amants, l’un uni dans l’infortune, l’autre voué à ne jamais se croiser, celle entre Julien et Florence, le premier passant la majeure partie du film coincé dans la pénombre d’un ascenseur pendant que son amante déambule dans un Paris baigné d’une lumière aveuglante.

Ascenseur pour l’échafaud se définit comme la somme de différentes composantes poussées à la limite de la perfection ; de la musique lancinante de Miles Davis à la qualité de la photographie en passant par l’adaptation scénaristique – de Noël Calef, auteur du roman – sans oublier les acteurs au sommet de leur talent, chaque élément s’accorde pour donner au film cette atmosphère à la fois glacée et sensuelle qui a fait son succès.

Michaël Avenia

Raoul WALSH : The roaring twenties

Trois soldats américains de retour au pays après la Première Guerre mondiale retrouvent la vie civile et la prohibition nouvellement mise en place. Chacun à sa façon va tenter de tirer son épingle du jeu.

Rencontre de deux monstres du film noir (Humphrey Bogard alors star montante et James Cagney déjà coutumier du genre) se retrouvent ici sous la baguette du maître Raoul Walsh. Celui-ci réalise l’une de ses plus belles réussites, sorte de film de gangsters à vocation socio-historique. Le film est en effet entrecoupé de rappels historiques, de coupures de presse et réussit à plonger le spectateur dans une des périodes les plus troublées des Etats-Unis.

Les personnages, assez finement brossés (à noter tout de même un James Cagney qui sort de son habituel rôle de brute), donnent encore plus de crédibilité à l’ensemble déjà bien soutenu par une mise en scène énergique sans être abrutissante.

Gros succès lors de sa sortie en salle en 1939, The roaring twenties s’avère un un excellent film à la fois divertissant et instructif.

Raoul WALSH : « The roaring twenties »

(USA, 1939)

Michaël Avenia

La soif du mal

La logique commerciale a ses raisons que la raison (du cinéphile) ignore.

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Il y a peu, j’ai découvert que la soif du mal, l’un des chefs-d’œuvre d’Orson Welles, avait été réédité en DVD. Le cœur s’emballe, les neurones rescapés s’agitent avec peu de discipline et le portefeuille pousse un ouf de soulagement en découvrant la somme modique de la galette. Alors que le logo Universal apparaît sur l’écran, les souvenirs refont surface en pagaille, les yeux s’illuminent et… les sourcils se froncent soudain. Quelque chose ne va pas. Le plan-séquence d’ouverture est bien le même. A première vue tout du moins. Pourtant j’ai l’impression étrange de regarder un autre film que celui que j’ai connu alors. Même si les cheveux se font plus discret, je ne pense pas que soit du à une sénilité précoce…

Soudain tout s’éclaire et l’euphorie des premiers instants fait place à la dure réalité: on nous prend vraiment pour des cons !

Je m’explique: alors que Welles avait tourné son film avec une pellicule 1.37 (çàd un format presque carré), l’image rendue par le DVD est au format 16/9. Petite explication pour ceux qui ne seraient pas familier des formats de diffusion: les pellicules au ration 1.37 donnant une image plus carrée, lors de la projection sur un écran « moderne » (comprenez 16/9) deux bandes noires devraient logiquement apparaître à la gauche et à la droite de l’image. Le problème c’est que c’est pas joli. Et pourquoi avoir acheté un téléviseur 16/9 si c’est pour ne pas remplir l’entièreté de l’écran ? C’est ce qu’on du penser les responsables de cette édition. Logique quand tu nous tiens… Et donc pour profiter pleinement de l’écran rectangulaire, deux possibilités s’offraient à eux: étirer l’image en espérant que monsieur tout-le-monde ne remarque pas les visages passablement déformés des acteurs ou alors couper l’image un peu au dessus et un peu en dessous. Et c’est là que l’on crie au génie !!! Car en réduisant la taille de l’image, on arrive tout de même à remplir l’écran de télévision. Si c’est pas magique ça. Je m’attendais à voir dans les bonus un assemblage de ses bouts perdus de pellicules, mais non. Tant pis.

Trêve de plaisanterie. Contrairement à ce que pourraient en penser certains décisionnaires d’Universal, si le film a été tourné sous ce format ce n’était pas pour des contingences pratiques mais bien artistiques. En effet, en couplant ce format avec des focales courtes, Welles obtenait des plans légèrement déformés qui rendaient à merveille un certain sentiment d’angoisse. Couplés à des prises de vue en plongée et contre-plongée, ils ont imposé le film comme un modèle du genre.

Il faut bien le reconnaître, au delà de la déception première due au charcutage d’infâmes clampins, la soif du mal reste un chef d’œuvre absolu. D’un modeste scénario de série B, Welles arrive à tirer le meilleur et à imposer son génie au métrage. Utilisant à merveille les plans-séquences et les mouvements de caméra, le réalisateur/acteur/scénariste impose cette dualité évidente entre la fluidité de se mise en scène et l’âpreté du scénario. Sa silhouette bouffie et claudicante hante chaque plan et distille un curieux parfum de cauchemar…

Cette édition DVD présente le film monté « tel qu’ Orson Welles l’a imaginé ». Lors du prémontage du film, les dirigeants d’Universal avaient demandé à ce que d’autres séquences soient tournées par un autre réalisateur et incorporées au film de Welles. Celui-ci envoya alors un courrier de plusieurs dizaines de pages aux studios afin de les convaincre de la nécessité du plan de montage original. C’est sur base de ce mini-manifeste que le film présenté ici à été remonté. S’il est difficile de juger du bien fondé de cette manœuvre, on aurait par contre voulu pouvoir bénéficier des deux versions… Ce sera peut-être pour la prochaine édition, qui sait.

MA

Orson WELLES : « la Soif du mal »

(USA, 1958)

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Le voyage de la peur

Hitch-hiker à la particularité d’être le seul film noir à être réalisé par une femme, Ida LUPINO.

La belle Ida n’est pas une novice en matière de film noir en tant qu’actrice  (le grand couteau, la maison dans l’ombre,…)

l’histoire, tiré d’un fait divers réel est  scénarisé par  Daniel Mainwaring (à qui l’on doit aussi Out of the past de Jacques Tourneur), retrace les 8 jours de calvaires qu’endurèrent deux automobilistes pris en otage par un évadé.

Dans le rôle du bad guy psychopathe patibulaire à souhait on retrouve William Talma (vu aussi dans la série Perry Mason)

LE VOYAGE DE LA PEUR – THE HITCH-HIKER

Ida LUPINO

VO AN st.FR. Durée : 71′, N/B.
BACH FILMS, 1953, Etats-Unis.

T.M